Nos actions

Sur le terrain

Où nous allons, qui nous rejoignons, et ce que nous y faisons.

Où nous allons

En France comme à l'étranger, Naïm intervient en post-urgence : une fois les secours d'urgence repartis, quand tout reste à reconstruire et souvent quand le moral est au plus bas. Après une catastrophe naturelle, un conflit armé, une crise climatique ou économique. Parfois aussi dans des pays d'extrême pauvreté, sans qu'aucune crise ne soit survenue.

  • Les camps de déplacés et de réfugiés

    Des milliers de personnes y attendent, parfois des années. Le déplacement peut aussi être très bref : après un incendie ou une inondation, des familles se retrouvent dans un gymnase ou une cantine d'école.

  • Les villages fracassés

    Vidés par la guerre, par le feu, par l'eau, par un tremblement de terre. Les habitants reviennent, et tout est à rebâtir : les murs comme les personnes.

  • Les prisons

    Auprès de ceux qui ne reçoivent plus de visites, ou trop peu… Spécialement dans les unités des condamnés à mort.

  • La rue

    Auprès des enfants de la rue, qui vivent de la rue et dans la rue, et des enfants travailleurs, qui passent leurs journées dans la rue pour travailler avant de rentrer sous un toit : deux réalités bien différentes. Et auprès des personnes laissées à elles-mêmes dans la rue, souvent malades psychiquement.

  • Les écoles et les aumôneries

    En France comme à l'étranger, pour y porter des temps de prière et des temps récréatifs avec les enfants.

En France, un terrain de plus : la ruralité

Des campagnes où les services, les commerces et les visites se font de plus en plus rares, et où des personnes âgées, malades ou isolées ne voient plus grand monde. Ceux qui deviennent invisibles ici ne sont pas toujours ceux qu'on imagine : des familles françaises qui passent d'une banque alimentaire à une soupe populaire.

Ceux que nous rejoignons

  • Réfugiés et déplacés
  • Prisonniers
  • Enfants de la rue
  • Enfants, jeunes, étudiants et jeunes professionnels
  • Personnes malades ou handicapées
  • Familles et personnes âgées isolées

Naïm est une mission catholique, envoyée par l'Église de France au service de l'Église locale — souvent fragilisée elle-même par la catastrophe ou par le conflit. Mais nous ne demandons à personne d'où il vient ni ce qu'il croit. Dans ces lieux, ce sont des familles musulmanes qui nous accueillent à leur table ; à l'Oratoire, des enfants de toutes confessions viennent chanter, se ressourcer et être consolés. La gratuité, chez nous, veut dire cela aussi : un accueil pour tous, sans condition.

L'Oratoire

L'Oratoire est la marque propre de Naïm, avec l'adoration eucharistique : on les retrouve dans chaque mission depuis le début.

Un temps de prière avec les enfants, chaque semaine. L'enfant y est accompagné pour faire une véritable expérience de rencontre avec Jésus vivant dans son cœur. C'est aussi un lieu de guérison.

  • Par le silence — apprendre à écouter Jésus parler dans son cœur, dans le silence.
  • Par la Parole de Dieu — la recevoir, la transmettre, la méditer, l'incarner dans sa vie.
  • Par la prière — découvrir les différentes manières de prier.

Un tapis, des icônes, une belle Bible, des bougies, des chants. On médite une scène de l'Évangile, on se tait un moment, puis chacun peut dire ce qu'il a reçu. Cela dure le temps qu'il faut. Ce qui s'y passe ne se mesure pas, et pourtant les parents le remarquent, les enseignants le remarquent : les enfants le vivent, et en sont transfigurés.

L'Oratoire se tient sous une tente, sous un arbre quand il n'y a rien d'autre, dans une école, une église, une chapelle, une salle, et jusque chez nos frères protestants, qui nous ont accueillis pour faire prier leurs propres enfants. Tout cela en grande communion.

Des enfants à genoux autour d'une icône du Christ pendant un temps de prière de l'Oratoire

Ce que nous faisons

Quand on arrive sur le terrain, rien n’est décidé d’avance. Nous commençons par un temps d'observation, et les actions se déploient ensuite selon le contexte, chacun est très différent, et chaque mission prend la couleur de la culture et des traditions locales.

  • Les visites

    Aux malades, aux familles, aux personnes isolées, aux prisonniers, aux réfugiés. Sans objet et sans programme : du temps, beaucoup d'écoute, et une amitié qui se construit. Boire le thé avec nos amis kurdes, jouer aux cartes avec des enfants palestiniens, faire des pizzas avec des Libériens, apprendre à lire à des enfants afghans.

  • Les autres actions pastorales

    L'Oratoire avec les enfants, en France comme à l'étranger, le partage de l'Évangile, des veillées, des retraites spirituelles avec les jeunes, des pèlerinages, et l'adoration du Saint-Sacrement au cœur des camps pour ceux qui le souhaitent.

  • Les lieux d'écoute

    Des groupes de parole, principalement avec des femmes, où chacune dit ce qu'elle traverse et comment elle tient. Une tente a été montée pour les droits des femmes afghanes, un temps de parole a été lancé pour des femmes sud-soudanaises. Et cela se termine toujours par une fête : des sourires, des danses, des chants, de la joie.

  • Ce qui élève

    Les chants, la musique, une chorale montée sur place, le théâtre de l'Évangile joué par les enfants, la fabrication d'icônes. Selon ce que le lieu permet.

  • Les temps récréatifs

    Un patronage avec les enfants de la rue, des jeux, du sport, une sortie hors du camp. Et en France, les Tables de Cana : un dimanche par mois, un repas festif qui rassemble les personnes isolées d'un village rural pour partager et vivre la fraternité. Des journées qui ne servent à rien d'autre qu'à la joie et la rencontre.

  • Les soutiens matériels ponctuels

    Il nous arrive aussi de donner, et toujours depuis l'amitié : du savon, des nattes pour ceux qui dorment à même le sol en prison, des couvertures après un incendie, parfois des médicaments ou encore un bon repas festif pour les enfants des rues ou les prisonniers. Nous finançons aussi des études pour les étudiants qui veulent reprendre leur cursus universitaire. Nous avons aussi bâti des chapelles dans plusieurs camps.

Quelques pépites

  • Deux enfants souriants poussant une brouette chargée de bidons d'eau près d'un camp
  • Le pardon d'un enfant

    Un enfant pleurait avant d'entrer à l'Oratoire : ses camarades venaient de se moquer de lui. On le laisse se calmer, puis la prière commence — ce jour-là, nous méditons le lavement des pieds. Au moment du partage, il se lève, n'arrive pas à parler, ferme les yeux, puis proclame avec force : « Je pardonne à tous mes camarades de classe qui se sont moqués de moi. » Et il se rassoit.

  • Rien ne résiste à la prière des tout-petits

    Pendant la prière commune, le plus petit du groupe, quatre ans, a levé ses mains très haut et s'est mis à parler fort, dans son propre langage, sans que personne comprenne un mot. Quand il a eu fini, il s'est avancé vers la Bible posée au centre du tapis, l'a prise délicatement, embrassée, reposée, et il est retourné à sa place avec un large sourire.

  • « Il est venu »

    Un garçon, plutôt le terrible du groupe, annonce à la fin du silence : « Moi je n'ai rien vu, rien entendu, et en plus ça ne m'intéresse pas. » Je lui propose de prier une fois de plus, spécialement pour lui. Il accepte. On referme les yeux. Je n'avais pas encore dit qu'on pouvait les rouvrir qu'il saute de sa chaise et proclame : « Il est venu ! Jésus est venu ! » Il n'a plus manqué une seule prière.

  • Une foule d'enfants en procession avec des rameaux et une icône dans un camp
  • Le four qui apparaît

    Nous arrivons dans un camp, le coffre plein de légumes, pour cuisiner « français » avec une famille. Assises par terre à éplucher, nous réalisons qu'il nous manque l'essentiel : un four. Nous le disons. Cinq minutes plus tard, un four artisanal à deux compartiments apparaît. La bouteille de gaz suit trois minutes après. « Il vous manque autre chose ? »

  • Papa gentil

    Après une série d'orages, la chapelle du camp était à terre. En vingt-quatre heures, elle a été démontée, redressée et reconstruite pour que la messe du dimanche puisse être célébrée. Tout est venu de « papa gentil » — c'est le nom que nous donnons aux poubelles de la ville : des cartons, des palettes, des tôles, un vieux câble en guise de ficelle. Nous sommes les rois du recyclage.

  • Le tabernacle

    Je fabriquais le tabernacle de la chapelle d'un camp, seule, avec des bouts de bois de mauvaise qualité. Un homme entre et me demande si j'ai besoin d'aide. Il le construira presque entièrement, en posant mille questions : il n'était pas chrétien. Quand il a eu fini, il m'a demandé si je me souvenais de lui. Son visage me disait quelque chose. « Un jour, en bas du village, j'allais me jeter à la mer. Tu es arrivée, tu es venue vers moi, tu m'as souri et tu m'as juste dit : sois fort, sois courageux, ne t'inquiète pas, ça va aller. Ça a duré très peu de temps. Ça m'a sauvé. » C'était le jour de mon arrivée, mon gros sac sur le dos, quand je cherchais encore où j'allais loger.

  • Une femme souriante portant un fagot de bois de chauffage sur la tête dans un village
  • Des mains lavent les pieds enchaînés d'un prisonnier dans une bassine rouge
  • Vingt-quatre heures avant

    Nous venions mettre en place l'adoration du Saint-Sacrement dans une unité de condamnés à mort. Voir des hommes avec des chaînes aux pieds se prosterner, puis chanter des chants d'action de grâce, est une chose qu'on n'oublie pas. Là-bas, un accord entre la famille de la victime et celle de l'accusé peut permettre au tribunal de gracier un condamné. Grâce à des donateurs, un homme a été sauvé — vingt-quatre heures avant son exécution.

  • Une seule visite par an

    Dans cette prison, les détenus ne recevaient qu'une visite par an. L'un d'eux nous a dit : « Vous ne vous rendez pas compte. J'étais vraiment au bout du trou. Depuis que vous venez chaque semaine, que vous priez avec nous, que vous jouez au volley, que vous partagez parfois un repas — c'est ça qui m'a rendu l'espérance. J'ai une femme, j'ai des enfants. Je recommence à croire qu'un jour on sera réunis. »

  • La prière au milieu du marché

    Nous allons à la rencontre des enfants de la rue, dans leur squat, au milieu du marché. Ils étaient toute une bande, leur bouteille de solvant à la main. Nous leur disons : nous n'avons rien à vous donner, mais nous pouvons prier avec vous, maintenant. Ils ont retiré leurs casquettes, posé leurs bouteilles, et se sont mis à chanter avec nous dans les allées. Même les mamas qui vendaient leurs tomates n'y comprenaient rien. Ensuite, c'est devenu une amitié.

  • Des enfants rieurs serrés les uns contre les autres
  • Les lunettes

    Un jeune m'a volé mes lunettes sur le nez, en plein marché. Impossible de courir : je n'y voyais plus rien. Celle qui m'accompagnait s'est lancée à sa poursuite, et tout le marché s'y est mis — « il est parti par là ! ». Ils sont revenus avec mes lunettes, et avec ce qu'il avait volé à la voisine. Des mois plus tard, ces mêmes jeunes nous protégeaient pendant nos courses et chargeaient nos sacs sur les moto-taxis.

  • Le samedi des femmes

    Chaque samedi, un lieu d'écoute pour des femmes réfugiées. Elles commencent par enlever leur voile, puisqu'elles sont entre femmes. Elles sont merveilleuses de courage, de force et d'humour. Chacune dit ce qu'elle traverse et comment elle s'y prend pour ne pas sombrer. On finit en faisant des beignets ensemble, et en chantant les chants traditionnels de chez elles.

  • Deux blouses et deux stéthoscopes

    Deux frères, étudiants infirmiers en deuxième année, avaient fui leur pays en guerre. Nous les retrouvons en train de vendre des falafels à côté d'une boulangerie. Ils s'étaient donné un an pour réunir de quoi reprendre leurs études ; deux pays voisins les avaient refusés. Au bout d'un an, ils ont annoncé qu'ils prendraient la route de la Libye, puis de l'Europe. Je leur ai demandé d'attendre une semaine. Un prêtre, responsable d'une grande université dans leur pays d'origine, a accepté de les prendre tous les deux — mais l'examen de deuxième année ne se passe qu'en présentiel. Nous avons financé les deux billets d'avion. Cela fait deux ans que nous finançons leurs études : ils passent en ce moment l'examen de leur troisième année. Ils nous envoient des photos, en blouse, le stéthoscope autour du cou.

  • Une femme souriante tenant un coquelicot rouge près de son visage

Cette présence tient grâce à vous.